mercredi 3 juillet 2013

Mardi 11 Juin - LEON , jour de repoos

Réveillé aux aurores par les pèlerins et les concerts de ronflements, je me suis levé à 6 h 30, plus tard que d'habitude. Après un copieux mais rapide petit déj., j'ai pris la direction de la cathédrale en suivant les flèches jaunes au sol.
Sur le parvis, une petite halte le temps d'admirer la place désertique à cette matinale, il était 8 h 00 du matin, quelques passants pressés filaient à leur occupations.
L'Office du Tourisme se trouve juste en face de la cathédrale mais n'ouvre qu'à 9 h 30, je décidais d'aller jusqu'à l'hôtel pour déposer mon sac à dos, l'hôtel que j'avais pris le soin de réserver la veille à mon arrivée à Léon.
La nuit de sommeil m'a fait beaucoup de bien, mes épaules ne font plus mal sans le poids du sac à dos, je pouvais commencer mon circuit touristique.
Tout de même, je me sens un peu coupable d'abandonner le Chemin car je voyais d'autres pèlerins avancer devant moi, tant pis, j'avais besoin de me retaper avant de poursuivre mon pèlerinage.
Le Paradore de Léon


Saint Michel terrassant le dragon.

La Casa Botines par l'architecte Gaudi.


Ruelle piétonne.

Dimanche 09 Juin - El Burgo >>> Mansillas de la Mulas

Tout naturellement, Alain et moi, nous nous sommes séparés, chacun est parti de son côté, lui avec d'autres connaissances et moi seul avec moi-même.
Aujourd'hui Dimanche, j'ai fait la grasse matinée, réveillé à 6 heures, j'ai pris le chemin après avoir pris un mini déjeuner, Cappuccino et pain sec.
Le début de la marche s'avère difficile, il fait un froid de canard, un vent de face rend la progression pénible. Arrivé à l'auberge à Midi, je me suis offert un magnifique "bocadillos" au jambon cru et but une "San Miguel", pinte de bière réparatrice. Une petite sieste et au réveil un peu de tourisme.
Petite ville de la province de Léon, Mansillas de la Mulas possède des rues concentriques et pas moins de trois églises.
Le soleil brille, je suis dans le jardin en train de siroter un Coca Cola à l'ombre d'un parasol, c'est la première que j'enlève mon "baroudeur" et mon polaire, j'apprécie les rayons solaires sur mes jambes nues.



Lundi 10 Juin - Mansillas >>> Léon.
L'albergue "Monasterias de Bénédictinas Santa Maria de Carbajal" est un couvent de soeurs de 180 places. Grands dortoirs, les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, même les couples mariés sans distinction, le gîte est très vétuste, des lits superposés avec matelas mais sans sommier.
Visite à 16 heures de la cathédrale de Léon, style gothique flamboyant, magnifiques vitraux.



 Il faisait un froid glacial dans la cathédrale, j'ai dû choper la crève, je me suis mis au lit sous la couverture polaire, je grelottais quand même. Je décidais d'aller prendre un chocolat chaud à la terrasse ensoleillée, pas de pot, il était tiède. Température extérieure 20°.
La cloche de l'église sonne, il est temps de se rendre à la messe, les bancs sont à moitié remplis.
La messe commence par un chant religieux entonné par les soeurs bénédictines, une quinzaine environ.
La cérémonie s'est déroulée entièrement en chants, la voix douce et harmonieuse des Bénédictines créait une ambiance très mystique mêlée de spiritualité.
Il est temps d'aller dîner car il est servi depuis une heure.
Je fais la connaissance de deux français, un couple habitant Quimper, nous échangions nos impressions sur le Chemin, le restant à faire et les difficultés rencontrées surtout dans le Col de Roncevaux.


Samedi 08 Juin - Sahagun >>> El Burgo Ranero

Petit kilométrage, 18,500 km sous une pluie intermittente en traversant des plaines et cultures céréalières, j'arrive de très bonne heure à l'albergue "Le Laguna" , naturellement, elle est encore fermée, le patron n'est pas là, je profite pour faire un tour dans le village. C'est vraiment un village pommé sur le Camino, une église désaffectée avec des cigognes nichés sur le clocher, une lagune minuscule avec des animaux aquatiques et volants, grenouilles, canards sauvages ... et des hirondelles volant au dessus de l'eau.
Une place centrale et des rues tortueuses qui donnent l'impression de mener nulle part, sinon dans les champs avoisinants. Le ciel est gris,le plafond bas, menace de pluie. Après la douche, je n'arrive pas à me réchauffer, je suis allé dan la cuisine-salle à manger, deux hollandais présents, m'offrent une tasse de thé que j'ai beaucoup apprécié.
Les pèlerins arrivent par petits groupes, à pied, en vélo, le gîte se remplit à vue d'oeil, il y aura du monde à table ce soir, mais je ne serai pas là, j'irai diner au village qui possède un restaurant que j'ai repéré faisant le menu Pèlerin ou Pérégrinos. Je n'ai pas mangé à midi, hormis un quignon de pain rassis et but un cappuccino de ma fabrication.
A ce régime là, je ne vais pas prendre du poids, bien au contraire, je vais perdre mon ventre de "Propriétaire".
A table, j'ai retrouvé Roger et François ainsi que quelques autres compagnons de route, ainsi qu'une américaine qui faisait le Chemin d'une façon peu orthodoxe, un taxi la déposait devant un hôtel, elle marchait quelques kilomètres, et quand elle était fatigué, elle appelait le taxi pour l'emmener dans un autre hôtel, drôle de Pèlerinage. Je l'ai vu pendant huit jours, après, elle est reparti chez elle, trop fatigant. En revanche, elle était très enjouée et affable, toujours souriante, elle m'a sorti une devise:
"Je suis comme je suis, je suis faite comme çà, que je ris, je ris, je ris aux éclats".



 Kate l'américaine en bleu, Alain le canadien dans le fond à gauche, François à droite et Roger de dos, que l'on voit dans la photo en dessous.

Jeudi 06 Juin - Carrion >>> Terradillos de los Templarios

Chemin plat sans grande difficulté, plaine, champs de céréales, de temps en temps un chant de coucou pour nous donner du courage. Ciel couvert, petites averses passagères. Arrivée à l'auberge de bonne heure, le premier à l'entrée du village, l'aspect est accueillant, tout neuf, avec chambre individuelle de quatre lits avec douche et sanitaire incorporés.
Nous avons eu la surprise de retrouver dans notre chambre, après le diner , deux irlandaises, la mère et sa fille. Elles ont fait le Chemin de Compostelle quand la fille avait onze ans, et refont maintenant onze ans après, quand la jeune avait terminée ses études universitaires, c'est surprenant et extraordinaire ce besoin d'affirmer cette quête spirituelle.
Hier soir, au repas, nous avons rapproché nos tables pour pouvoir mieux communiquer. La conversation s'est établie sur divers sujets, nous avons palabré et refait le monde autour d'une tisane avec notre nouvelle rencontre, des français de Metz.
Histoire de François et Roger de Metz:
Roger , P.D.G. d'une entreprise de climatisation et de chauffage en retraite, fait son Chemin pour remercier "Dieu" de l'avoir épargner. En effet, à l'âge de 65 ans, il a eu deux infarctus, subit deux pontages coronariens et six mois après une embolie pulmonaire.
François, le compagnon est un habitué du Chemin pour l'avoir déjà fait plusieurs fois. Il a travaillé pendant 37 ans avec Roger, son patron, et éprouve encore le besoin de se retrouver à la retraite pour faire le pèlerinage ensemble, c'est plutôt rare.
Ils font la route d'hôtel en hôtel, pas dans les gîtes pèlerins, mais on se retrouve souvent dans les mêmes restaurants.

Samedi 07 Juin - Terradillos >>> Sahagun.
Arrivés de bonne heure à l'étape, nous avons échappé à la pluie qui est tombée juste après.
Sahagun, petite ville de 2000 habitants, possède quelques vestiges mais mal entretenues. Une arène trône à l'entrée, des barrières sont dressées en prévision d'un lâcher de taureaux comme à Pampelune.
Le gîte est très bien, situé dans une ancienne demeure de riches espagnols, des fresques murales représentent la famille, les environs et les travaux des champs. La salle à manger est immense, me voyant seul, le patron m'a gentiment offert une chope de bière, très aimable de sa part.
Un petit tour dans la ville après la sieste, histoire de me réchauffer avec le soleil qui est revenu, cela m'a permis de prendre quelques clichés de nids de cigognes perchés en haut des cheminées.


H.L.M. de cigognes.

mardi 2 juillet 2013

Histoire de Laura V. D.. Z..

Depuis Zubiri, la 2ème étape, jusqu'à Burgos la 12ème étape, nous avons fait connaissance au dîner le soir à l'auberge, et nous nous revoyons souvent en chemin et également dans les gîtes le soir, sans se concerter, par hasard... Nous avons souvent partagé des repas du soir et fait plus amples connaissances.
Elle fait partie d'une fratrie de cinq enfants, tous adoptés et de races différentes, elle m'avoue faire son Chemin pour retrouver son identité, pour se demander pour quelle raison ses parents géniteurs l'ont abandonnée . Par ailleurs, en voyant son Passeport, je me suis aperçu qu'elle était blonde, je lui ai demandé pourquoi elle s'est fait teindre en brune, elle me répondit qu'en étant blonde les contacts humains étaient toujours centrés sur le sexe et également les blondes passaient pour des personnes sans cervelle. Je la complimente sur son physique actuel en lui disant qu'elle est plus belle comme ça, spontanément, elle m'a pris dans ses bras pour m'embrasser sur les joues en me remerciant.
C'était ma meilleure relation amicale sur le Camino et j'ai vraiment regretté de ne pas l'avoir revu à Santiago, a-t-elle abandonné en cours de route ou nos horaires d'arrivée ne coïncidaient pas?
J'ai souvent constaté que sur le Chemin, les Pèlerins se confiaient facilement, peut être du fait des rencontres sans lendemain ou bien le fait de parcourir les mêmes sentiers et de partager les mêmes joies et les mêmes souffrances?

lundi 1 juillet 2013

Dimanche 02 Juin - Burgos >>> Hornillos de Camino

Le chemin serpente dans les champs de céréales, plus de vigne, le paysage a changé.
L'Albergue municipal de l'étape est plutôt rudimentaire mais complet, un annexe est mis à disposition des pèlerins dans un autre bâtiment sans douche mais avec un seul sanitaire pour vingt personnes, même des matelas sont posés au sol, tellement que le gîte est plein.

Lundi 03 Juin - Hornillos >>>Castojeriz.
Paysage inchangé, la campagne à droite et à gauche...
L'alberge privée du soir n'est pas à la hauteur de nos attente, marches d'escalier usées, rembardes branlantes, risque de chute, heureusement que l'Hospitalier est sympa.
Pas de Wifi, sauf dans le village, le relai est placé sous le clocher, pour l'utiliser il fallait aller s'installer sur le parvis de l'église, là le réseau était correct sans plus.
Peu de restaurant de pèlerins, aussi, avec mon compagnon de route, nous avons décidé de faire la tambouille nous même. Les courses faîtes dans un super Mercado du coin, j'ai confectionné une bonne plâtrée de spaghetti à la bolognaise pour six personnes, car nous avons invité trois gentes féminines à participer au dîner. Dessert fait de salade de fruit au sirop et un petit café en sachet pour terminer.
de gauche à droite: Pauline, Nathalie, Camillum, et Patricia.
Histoire de Patricia, Nathalie et Pauline:
trois personnes avec lesquelles nous avons fait un bout de route ensemble, Patricia mère de Pauline est une mère célibataire et Nathalie femme seule, chacune fait ce chemin pour rechercher la raison de leur célibat. Ne roulant pas sur l'or, elle descendent que dans les gîtes les moins chers et mangent au maximum leur propre cuisine qu'elles confectionnent elles-mêmes. En revanche, à leur charge, elles fument comme des pompiers, dommage car les cigarettes coûtent chères au détriment de la nourriture.
en plus Alain le canadien mauricien.





Mardi 04 Juin - Castrojeriz >>> Fromista

Démarrage en côte dès le matin, petit dénivelé pour un réunionnais, nous sommes réceptionné au sommet par un paysan avec une fourgonnette qui met à notre disposition des boissons, café, jus de fruits et fruits en "Donativo", merci pour l'accueil sympathique qui nous a mis du coeur à l'ouvrage pour la suite du parcours.

Mercredi 05 Juin - Fromista >>> Carrion de los Condes.
Mon record de vitesse battu aujourd'hui pour rejoindre l'auberge car les places sont chères à la destination que nous avons choisies. L'Albergue Parroquial de Santa Maria tenue par des soeurs, offre un accueil chaleureux, thé chaud au miel, petits gâteaux secs et buffet salé varié composé de toast de saumon, jambon cru etc...

Eglise désaffectée de Carrion.

Avant la messe de 19 heures, les soeurs nous ont tous réunis pour un petit intermède chanté; une petite communauté de pèlerins de toute nationalité, dont le meneur de jeu mon copain Alain grattant la guitare, nous avons chanté le répertoire de chansons connues par la majorité, en français en espagnol et en anglais. Parmi les soeurs, il y avait deux péruviennes et une portugaise et n'étaient pas les dernières à entonner en choeur.
La messe du soir fut un moment de recueillement et de ferveur, quand le prêtre nous a réuni, tous les pèlerins pour nous donner la bénédiction et en nous prenant chacun, la tête entre ses mains pour nous faire le signe de croix sur le front,
j'ai vu des adultes pleuré tellement l'émotion était grande et l'admosphére remplie de ferveur et de dévotion.
J'ai revu ma petite pèlerine hollandaise Laura qui me considère comme son compagnon du Camino et souhaite ardemment me revoir à Santiago.

Vendredi 31 Mai - Villambistia >>>Atapuerca

Démarrage en côte environ 300 m de dénivelé, traversé Villafranca Montes de Oca sans s'arrêter, des forêts de pins sur des kilomètres, on en voit pas le bout. San Juan de Ortega, hameau en l'honneur de l'ancien collaborateur de St. Dominique de la Chaussée, sanctuaire, église, et chapelle tout ça traversé au pas de pèlerin.
Arrivant en début d'après-midi à ATAPUERCA , site archéologique, un ensemble de gisements très importants pour la connaissance de la Préhistoire humaine européenne. Ces gisements paléolithiques ont livré de nombreux restes fossiles.
Etat du sentier très boueux



Samedi 01 Juin
Atapuerca >>> Burgos
Encore une montée raide au lever du jour, des fleurs blanches, le chant du coucou et du rossignol pour nous donner du courage. Onze kilomètres de zone industrielle à traverser avant d'arriver à Burgos.
BURGOS est une grande ville abritant la cathédrale Santa Maria, l'un des joyaux gothiques espagnols, elle possède une énorme richesse sculpturale et architecturale.
















L'albergue municipal de Burgos mérite le classement de quatre étoiles, cinq niveaux avec ascenseur, sol en marbre, des boxes de quatre lits superposés avec lampe individuelle, Internet, Wifi,cuisine etc..., le grand luxe pour des pèlerins.